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BULLETIN DE LIAISON TRIMESTRIEL DU PARTI FEDERALISTE
(extraits)

(Décembre 2004)

Edito
Vive le noyau dur !
L'idée d'un noyau dur fédéral pour l'Europe est en train de faire son chemin à gauche comme à droite... ce qui tend à prouver que le Parti fédéraliste, précurseur dans ce domaine, a quelques mérites à exister ! le problème, comme le notait le secrétaire général du PF, Yves Gernigon, lors de notre assemblée genérale, c'est que le PF est en train de se faire déborder.
Cela dit, le projet institutionnel que nous portons est clair. ce qui n'est pas le cas chez nos adversaires : ils nous font croire que l'Europe fédérale est une solution mais ils ne disent pas comment la réaliser. Pire, certains posent des conditions pour qu'elle existe ! Décidément, le PF a une vision de l'Europe. C'est notre socle commun, indépendamment de nos sensibilités diverses sur des sujets subsidiaires. Sujets dont nous sommes heureux de pouvoir débattre sereinement au PF.
L'Europe et le débat ouvert, vous les retrouverez dans ce n°2 de "l'Essentiel", notre bulletin fédéraliste que je vous invite à soutenir... et pas seulemtn moralement. Bonne lecture.

Jean-Philippe Allenbach
Président du P.F.


Actualité
Bonnes lectures :
Olivier Rabache (PF Provence) nous conseille :
"Le Grand Turc et la République de Venise"
Sylvie Goulard - Fayard - 154 p. (12 euros) - Préface de Robert Badinter.

Une note de lecture puisée sur le forum du PF:
Professeur à Sciences Po Paris (au CERI), Sylvie Goulard est spécialiste de l'Allemagne et de l'UE. dans son livre, l'ancien expert auprès de la Commission européenne avance des arguments contre l'entrée de la Turquie dans l'UE - sans racisme ni islamophobie - en mettant en avant la nécessité d'une Europe-puissance, raisonnable et viable, c'est à dire fédérale et "recentrée". On trouvera dans ces lignes d'excellentes raisons d'être "turcosceptique". D'autant que les convictions de l'auteur trouvent leur origine dans une stricte défense du projet fédéral. Sylvie Goulard constate avec lucidité la fragilité de l'UE et se détache des habituelles justifications géopolitiques ou historiques. Si la Turquie est d'un intérêt vital pour l'Europe, et pour l'avenir du Proche-Orient, de par sa situation géostratégique, elle n'en est pas pour autant européenne, nous dit l'auteur. L'Europe, ce n'est pas seulement les droits de l'homme (sinon le Canada devrait tout de suite rentrer dans l'UE). C'est également uns culture commune, une manière commune d'être ensemble.
Or, la vulgate "moderniste" de Mustafa Kemal Atatürk repose moins sur les racines plurielles, anatoliennes, byzantines ou autres, de la Turquie contemporaine, que sur la "turcité" univoque et ambiguë, plus proche des nationalismes autoritaires du siècle passé que de ce que l'Europe a défendu de meilleur dans son histoire.
Olivier Rabache
"Lettre aux islamistes de France et de Navarre"
Mohammed Sifaoui - Le Cherche Midi - 124 p. (5 euros)

Ce document est un réquisitoire contre les religieux durs qui prétendent édicter un "bon droit", autoritaire et destructeur d'un Islam ennemi de l'Occident. Mohammed Sifaoui, grand reporter, ne se contente pas de fustiger les islamistes, il débusque leur double langage. Et l'auteur interpelle : "en méditant les paroles du prophète, vous comprendrez que l'Islam n'a jamais permis de tuer des civils".
"Europe : les dossiers qui fâchent"

Douze pages d'analyse à lire dans le dernier numéro mensuel Alternatives Economiques.
(Novembre 2004 - 3,5 euros - en kiosque)


La vie des fédérations
PF Alsace : démarche santé
Les fédéralistes alsaciens viennent de lancer un collectif pour interpeller les communauté de communes de la région sur une nécessité urgente : le traitement des déchets doit s'appliquer aussi aux produits de santé usagés. Si la filière est plutôt efficace en milieu hospitalier, elle laisse à désirer chez les professions libérales de santé. Ls fédéralistes alsaciens ont décidé d'alerter les élus pour faire passer le message. Et il y a des réponses positives !

PF Réunion : 2e Congrès
Les fédéralistes réunionnais tiennent leur congrès le 28 novembre. Vincent Defaud, le président du PFR, espère une centaine de participants. Ce congrès sera suivi d'une grande fête, le 12 décembre. L'occasion de décompresser un peu après une année riche pour le PF réunionnais.

PF Ile-de-France : un forum des Européens aux Halles !
A Paris, les Fédéralistes franciliens ont rejoint des associations amies pour faire valoir l'idée d'un projet de forum européen au coeur de Paris, dans le cadre de la rénovation du forum des Halles. Une idée d'autant plus intéressante que la capitale n'a plus de lieu voué à la promotion de l'Europe.

PF Franche-Comté : ça gaze !
Le PF Franche-Comté, sur une idée de J.P. Allenbach, a proposé à la Région de créer une société régionale "Gaz de Franche-Comté", en vertu des nouvelles règles européennes qui le permettent. Favorable à l'idée dans un premier temps, le président de l'assemblée régionale, Raymond Forti (PS), s'est fait tirer les oreilles sur sa gauche. Ajoutez à cela le tollé des syndicats... le PF FC a encore frappé fort !



Débat
Europe et Turquie : et si le noyau dur mettait tout le monde d'accord !
L'ouverture d'éventuelles négociations d'adhésion entre la Turquie et l'UE doit être soumise au vote des 25 états de l'union, le 17 décembre La question a suscité un débat nourri et très ouvert sur le forum Internet du PF. En voici une synthèse.

C'est sans doute l'aspect culturel qui crispe le plus ce débat sur la Turquie. Sur le forum, plusieurs membres du PF, notamment son président Jean-Philippe Allenbach, ont rappelé les origines judéo-chrétiennes incontestables de l'Europe. Mais, comme le souligne Philippe Sanmartin (PF Provence), "l'Europe que nous construisons doit se tourner vers l'avenir. Or, si la tradition judéo-chrétienne n'est pas contestable, la réalité de l'Europe d'aujourd'hui, c'est 4 millions de musulmans en France, en Allemagne, c'est à peu près le même rapport...". Philippe estime que si l'on ne comprend pas cette réalité, nous les fédéralistes, "nous ne valons guère mieux que les souverainsites arcboutés sur des époques, des "traditions" révolues".

D'autres préfèrent s'en tenir aux limites physiques de l'Union Européenne : pour Daniel Thureau (PF Bretagne) "la Turquie n'est pas géographiquement dans l'Europe". Sur ce terrain, Jean-Noël Benoit (PF Ile-de-France) nous renvoie à la lecture de Denis de Rougemont. Le promoteur du fédéralisme écrivait, dans sa lettre ouverte aux Européens, le 21 février 1970 : "une définition géographique de l'Europe, si elle était possible, ne présenterait guère d'intérêt, puisque ce ne sont pas des terres qu'il s'agit de réunir, mais des hommes."

A la frontière de ces réflexions culturelles et géographiques, Eveline Caduc Nice) souligne que "les différents Etats de l'Union européenne ont convenu de le faire en dépit de leurs différences culturelles ou linguistiques. (...) assurément parce qu'ils ont des intérêts et des objectifs communs (...) ces différences constituent aussi la spécificité et la richesse de l'Union Européenne. C'est à cause de ses particularités et parce qu'elles donnent les preuves d'une transformation rapide de sa société - dont la jeunesse doit pouvoir réaliser les promesses - qu'il faut continuer à préparer l'intégration de la Turquie dans l'Europe avec le plus de garanties."

Pour Michel Le Tallec (PF Bretagne), la question de l'entrée éventuelle de la Turquie dans l'UE entraîne une "évidence : il faut une Europe à plusieurs cercles : un noyau dur constituant le premier cercle avec les pouvoirs d'un Etat fédéral", et pour le deuxième cercle un "élargissement à d'autres pays selon des modalités moins contraignantes que pour le noyau dur". Michel Le Tallec estime que l'on peut même imaginer "d'autres cercles !". Une idée que juge "très pertinente" Hélène Féo (PF Ile-de-France) : "cela permet de resserer les liens entre les peuples sans heurter les susceptibilités". Plusieurs avis exprimés sur le forum du PF sont ouverts à la réalisation d'autres fédérations qui seraient partenaires d'une Europe noyau dur. pourquoi ne pas envisager, selo Hélène Féo, "une Europe orientale et méditerranéenne : Turquie, Arménie... ?" D'une manière générale, une large majorité des points de vue exprimés sur le forum du PF a mis en avant l'intérêt d'un noyau dur européen auquel seraient associés des cercles différents et complémentaires."

DANS LA PRESSE

"La Turquie n'est pas mûre pour une adhésion"
(Die Welt, 7/10)
"Préférons-nous donner raison aux islamistes ? Déclarer, comme eux, que les nations façonnées par le christianisme et celles dont l'Islam est l'héritage ne peuvent avoir d'avenir commun ?" (Bernard Guetta, L'Express, 11/10)
"Plus de 3 millions de Turcs vivent dans l'Union européenne. Avec un quart de l'ensemble des ressortissants des pays tiers, c'est de loin le premier groupe d'immigration extra communautaire" (Alternatives économiques, nov. 2004)
"Il est une solution que l'on n'ose à peine évoquer : reconnaître que la Turquie n'est européenne ni par son histoire, ni par sa culture, ni par sa géographie. Ce serait assumer le risque d'une crise diplomatique avec Ankara" (Alexis Brézet, Le Figaro, 15/10)
"Les partis de gouvernement auraient pu essayer de convaincre l'opinion que l'Europe a tout à gagner à compter dans ses rangs, demain, un pays à l'islam modernisé et démocratique plutôt qu'un voisin qui combattrait ses valeurs" (Jean-Michel Thénard, Libération, 15/10)




Infos Europe

Les points clés du traité européen

Le texte adopté le 18 juin par les 25 Etats de l'Union, avant d'être soumis à ratification dans chaque pays, réaffirme des principes anciens et en comporte de nouveaux. En voici quelques points clés :

Un rappel en préambule : "l'union sans cesse plus étroite des peuples européens".

Les pouvoirs du parlement élargis : les eurodéputés élisent le président de la Commission et sont co-décideurs avec le Conseil des ministres de l'UE. Mais les Etats gardent un contrôle national sur le sécurité, l'éducation, la santé, les retraites, la recherche...

Création d'un poste de ministre des Affaires étrangères de l'Union.

Une fonction permanente de président du Conseil européen, élu pour deux ans et demi.

Un droit d'initiative populaire : un million de citoyens pourront demander l'étude d'un dossier par la Commission.

Les délibérations du Conseil des ministres de l'UE deviennent publiques.

Le site intégral du traité est disponible sur le site du ministère des affaires étrangères : www.diplomatie.gouv.fr



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