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"Est Républicain"
29 janvier 2006



Christian Chavrier est seul candidat à la candidature pour l’investiture du Parti fédéraliste à la présidentielle.
"Redonner du crédit au fédéralisme"

C'est la priorité de Christian Chavrier, président du Parti fédéraliste qui vient aujourd'hui à Besançon expliquer aux militants comment s'annonce "l'après-Allenbach".

- Chacun pensait Jean-Philippe Allenbach président à vie de ce Parti fédéraliste qu'il avait créé. Que s'est-il passé, pour qu'il vous cède ainsi la place ?

- A notre congrès d'octobre, deux stratégies différentes ont été proposées pour les trois années à venir. L'une, soutenue par le courant majoritaire auquel j'appartiens, prévoyait la mise en place d'actions pour assurer la survie, le sauvetage financier du mouvement et son développement. J'ai été choisi pour la porter.

- Et Jean-Philippe Allenbach, que proposait-il ?

- Sa candidature personnelle à l'élection présidentielle. En lieu et place de son rapport moral, nous avons eu droit à sa déclaration. Dont acte... Mais il a toujours été clair, pour tous les militants, qu'il ne s'agit-là que d'une initiative personnelle.

Jean-Philippe Allenbach n'a jamais été, pour ce prochain scrutin, notre candidat. Le Parti fédéraliste a des instances démocratiques pour en décider. Son conseil fédéral en a débattu en interne. Il a décidé d'aligner un candidat « pur jus ». S'en est suivi un délai de dépôt des candidatures à la candidature et ce sont les militants qui voteront, lors d'une assemblée générale en février.

"Pas contre Paris"

- Ils auront le choix entre vous et vous, puisque vous êtes le seul candidat déclaré...

- C'est possible, mais nous n'avons pas empêché Jean-Philippe de se présenter à cette primaire. Il ne l'a pas fait et nous a annoncé sa démission de ses fonctions et même du parti. Il n'est plus adhérent.

- Le siège du PF est implanté dans un immeuble de Besançon qui appartient à Jean-Philippe Allenbach. C'est même sa vitrine politique. Qu'allez-vous faire ?

- C'est vrai et je viens dire à nos amis qu'il n'y a aucune raison valable pour que le siège national du parti parte de Franche-Comté. Notre volonté est de l'y maintenir. Moi, j'ai toujours approuvé l'idée qu'il ne soit pas domicilié à Paris et je ne change pas d'avis aujourd'hui. On trouvera un autre endroit.

- Sur un plan politique, quels changements faut-il attendre de votre présidence ?

- Je voulais rendre le pouvoir aux militants et reconstruire un système plus collégial. Il m'a fallu trois mois, mais cela fonctionne. Maintenant nous allons devoir redonner un peu de crédit à l'idée de base du fédéralisme qui est effectivement un projet politique avec ses déclinaisons globales.

Mais le PF, s'il conteste l'état central, ne sera pas le parti de la province contre Paris. Le discours fédéraliste intéresse les Franciliens et Parisiens. On ne peut pas se contenter d'être d'éternels contestataires. Il nous faut devenir une force de proposition.

- Il va vous falloir surtout rebâtir avec peu de moyens...

- Aux régionales dans l'Essonne ma liste a réalisé un score de 2,91 % parce qu'elle était ouverte. Il faut voir avec qui nous pouvons travailler pour mutualiser un certain nombre de moyens. En France, la culture de la coalition n'existe guère mais des partenaires sont là et partagent notre vision d'une Europe fédérale, politique et sociale.

Cette plate-forme que nous allons constituer tous ensemble aura deux grands axes : environnemental, avec Génération Ecologie qui cristallisera autour d'elle la quasi-totalité des mouvements non Verts de l'écologie ; et sociétal, autour du PF qui va agglomérer, de son côté, de petits mouvements citoyens et indépendants tels que le Collectif des Démocrates Handicapés ou encore Vaincre le chômage.

"Addition d'expertises"

- Et, tous réunis, vous espérez quoi ?

- Ce que nous désirons, c'est mettre en place un groupement d'intérêt politique. Car pour obtenir un financement public, désormais, il faut obtenir aux législatives 1 % de voix dans 50 circonscriptions au moins. Seuls, nous n'y parviendrions pas. Ensemble, c'est un objectif possible. A nous ensuite de redistribuer ces fonds au prorata des suffrages obtenus par chacun. Je préfère recueillir 25 % de 1 % que 100 % de 0 ! A condition bien sûr que cette « addition d'expertises » soit idéologiquement cohérente.

En fonction de l'expérience, nous choisirons plus tard la tactique la plus opportune pour les élections municipales, l'échéance politique qui nous importe le plus.

- Sur l'échiquier, où vous situez-vous ?

- Je refuse cette grille de lecture... mais je tombe dans le piège puisque je vous réponds : centristes indépendants, au centre du centre, puisque certaines de nos propositions sont libérales et d'autres plus à gauche que la gauche. Autrement dit, rien à voir avec l'UDF qui est un parti de centre-droit et de la majorité.

Propos recueillis par Jean-Pierre TENOUX