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Hommage à Guy Héraud
C'était peu de temps avant les législatives de 2002. Par amitié et en souvenir de nos combats fédéralistes des années 64-68 à Strasbourg, j'avais tenu à lui rendre une visite privée à l'occasion de ma tournée électorale dans le Sud-Ouest. Tous deux, debouts sur son balcon, dominant la vallée, face aux collines qui encerclent la belle ville de Pau, nous avons alors une fois de plus refait le monde et en particulier la France et l'Europe. Une fois de plus nous les avons imaginés fédéralistes. Une fois de plus, nous nous sommes pris à rêver d'une société plus chaleureuse et plus respectueuse de la personne humaine et de ses minorités. Une fois de plus, nous avons regretté cette société d'aujourd'hui constituée, comme l'écrivait notre ami commun Alexandre Marc "d'une multitude d'êtres anonymes, sans racines ni visages qui n'opposent plus d'autre résistance que celle du désespoir face à l'Etat-nation, "le plus froid des monstres froids", et qui, devenus simples rouages d'une vaste mécanique abdiquent leur noblesse d'être libre et responsable, et s'abandonnent en esclaves aux terribles manipulateurs".
Aujourd'hui, il n'est plus là.
Je veux parler de cet homme de compétence, professeur de Droit à l'Université de Strasbourg qui m'avait converti au fédéralisme. Je veux parler de cet homme de courage qui n'a pas hésité en 1974 à se lancer presque seul dans la campagne présidentielle comme candidat fédéraliste alors que toute la France d'alors était jacobine. Je veux parler de cet homme de cœur qui jusqu'au dernier moment de sa vie m'aura encouragé ainsi que mes Amis du Parti fédéraliste dont il était Président d'Honneur à continuer le combat.
Je veux parler de Guy Héraud qui vient de nous quitter.
Adieu Guy et Merci !
Jean-Philippe Allenbach
Président national du Parti fédéraliste.
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