Pour la plupart des sociologues, les émeutes urbaines ne peuvent s'appréhender que sous un angle essentiellement social : pauvreté, exclusion, chômage...
DES FAITS TROUBLANTS
Or certains faits sont troublants et demanderaient d'engager la réflexion sous un jour différent.
Le 23 juin 2007, à Marseille après avoir grillé un feu rouge, une voiture de police fauche mortellement Nelson un adolescent de 14 ans. Le mardi suivant, une marche silencieuse en sa mémoire se déroule dans le calme.
Le dimanche 25 novembre 2007 à Villiers-le-Bel, selon les premières conclusions de l’enquête, deux adolescents, Larami et Mouhsin percutent mortellement une voiture de police. Drame similaire, mais conséquences différentes car, à la différence de l'accident de Marseille, deux jours d’émeutes s’ensuivent.
UNE DIMENSION ETHNIQUE ?
Dans le premier cas, l’adolescent était blanc. Dans le second cas et comme dans d’autres drames ayant entraîné des troubles (Clichy-sous-Bois, Gare du Nord…) les personnes concernées étaient arabes ou noires.
On peut alors légitimement penser qu'il y aurait une révolte de jeunes Arabes et Noirs contre un « ordre blanc » considéré comme injuste et oppresseur, incarné par la police.
Il serait donc temps, même si ça dérange beaucoup au pays de l'universalisme, de prendre en compte la réalité d'une dimension ethnique dans les relations sociales.